Articles les plus récents
page précédente | 1 | ... | 84 | 85 | 86 | 87 | 88 | 89 | 90 | 91 | 92 | ... | 335 | page suivante
-
Brèves de Conseil (municipal du 25 juin 2019)
28 juin 2019, par Patrick Cotrel - #Sainte-Luce - #Séances du Conseil Municipal - #Développement DurableEncore une séance interminable du Conseil municipal : plus de 4 heures, comme en mars ! Cela devient une habitude et l’opposition a réclamé des réunions plus fréquentes (en vain, semble-t-il).
Le sujet principal de ce conseil était le Compte Administratif 2018, c’est à dire un bilan financier détaillé des dépenses et recettes réellement constatées au cours de 2018.
D’autres points ont été débattus concernant l’écologie, ainsi que le besoin d’une nouvelle école, la future construction d’une résidence intergénérationnelle, ...
Le Débat sur le Compte Administratif 2018 :
Le budget de fonctionnement :
Les grandes lignes de ce budget et de ses évolutions sont résumées par le tableau ci-dessous.
Comme l’a dit Anthony Descloziers, les recettes ont augmenté de façon importante depuis 5 ans, et particulièrement le produit des impôts et taxes locales. Et, comme les taux d’imposition n’ont pas varié, c’est le résultat de la réévaluation des bases et la conséquence de l’augmentation de la population lucéenne.
Vouloir réduire trop vite l’arrivée de nouveaux habitants risque d’aboutir à diminuer les recettes communales (au moins ralentir nettement leur progression).
Du côté des dépenses de fonctionnement, elles n’ont pas diminué, comme l’annonçait la majorité en début de mandat : certaines augmentation de dépenses sont inévitables (ouvertures de classes, fréquentation en hausse de la restauration scolaire, ...).
Cependant, l’augmentation des recettes de 17,5 % (principalement due à l’augmentation de la population) n’a pas été suivie par une augmentation en proportion des services rendus à la population, puisqu’elle n’a été que de 9,3 %.Concernant les investissements, j’ajoute le constat suivant : A chaque cycle municipal, la nouvelle majorité constate (et dénonce) une situation financière tendue et gèle les investissement su 2 ou 3 ans. Cela permet de faire quelques réserves et de choisir et d’affiner des projets d’investissement.
Et la fin du mandat est marqué par un gros investissement marquant : le groupe scolaire-multiaccueil-salle de quartier de la Minais (16 millions €), il y a 5 ans, et la halle sportive de la Minais aujourd’hui (5 millions €).
Remarque 1 : l’ancienne municipalité a dû faire face à des réparations lourdes résultant d’un entretien défaillant du parc immobilier municipal (église, salle Le Bonniec).
Remarque 2 : ces deux « grosses » réalisations étaient programmées depuis la création de la ZAC de la Minais, avec participation financière de la ZAC (Nantes Métropole aujourd’hui).Remarque complémentaire sur la gestion budgétaire :
L’augmentation constante des recettes de fonctionnement (en lien avec l’arrivée de nouveaux habitants), croisée avec une augmentation bien moins importante des services à la population (frais de personnel + dépenses des services), a permis :de désendetter la commune (9,8 M€ espéré fin 2019, contre 10,2M€ fin 2013),
de financer la halle sportive,
Mais cela a, également, permis d’accumuler un ‘bas de laine’ qui s’est élevé à plus de 10 M€ en 2017, et qui subsiste encore à 9,7 M€ fin 2018.
Est-ce normal ?
Car cela a un prix à payer : le malaise du personnel, qui a provoqué une crise inédite à Sainte-Luce, les déséquilibres avec les quartiers de l’Est qui sont trop coupés des services de la ville (les services sociaux, en particulier), l’entretien insuffisant des bâtiments communaux (même si un effort a été fait en fin de mandat), …
Bien entendu, une saine gestion des finances communales consiste à trouver un bon équilibre entre dépenses de fonctionnement pour des services publics pour tous (y compris les nouveaux quartiers de l’Est), un entretien préventif du patrimoine municipal (pour éviter les ‘mauvaises surprises’), des investissement créatifs pour de nouveaux équipements et un endettement raisonnable. Avec une priorité transversale à toutes les dépenses qui concourent à la lutte pour le climat et la biodiversité (tout ce qui peut permettre de sauvegarder une planète habitable pour l’humanité, comme le dit Hubert Reeves)
Mais accumuler un ‘bas de laine’ ne peut être en aucune façon un objectif de gestion d’une collectivité publique qui doit être au service de l’intérêt général, pas d’un dogme.
Les débats écologiques :L’appel ‘Nous voulons des coquelicots’ :
Les animateurs-trices du groupe lucéen de l’association qui réclame l’interdiction de tous les pesticides de synthèse ont demandé au Maire de soumettre un vœu de soutien du Conseil municipal à l’appel ‘Nous voulons des coquelicots’. Interpellé sur ce sujet par Anthony Descloziers,le Maire a répondu qu’il éprouvait une sympathie personnelle pour ce mouvement, mais que le bureau municipal n’a pas souhaité soutenir l’appel parce qu’il induit trop de clivages avec les agriculteurs.
[Pourtant l’appel ne cite pas les agriculteurs. Il ne fait qu’évoquer les effets néfastes des pesticides de synthèse et demande leur interdiction.] Pour lire l’appel, cliquer ici).
Anthony Descloziers souhaite qu’un travail de réflexion sur ce sujet ait lieu d’ici le conseil municipal de septembre avec toutes les parties prenantes (Majorité, opposition, groupe local « Nous voulons des coquelicots ») et que cette question soit de nouveau débattue en septembre.L’entretien du bois du Chassay :
Alors que le renouvellement de la convention avec FODDE Ouest (organisme de formation d’élagueurs) est à l’ordre du jour, un incident récent concernant l’intervention de cette entreprise a alerté les riverains du bois du Chassay, faisant suite à une impression d’abandon de l’entretien de ce bois (entretien des chemins, …) de la part de la mairie.
Voir à ce sujet mon récent article [en cliquant ici→http://www.patrickcotrel.com/Le-bois-du-Chassay-en-danger].
Marc David est intervenu en soulignant la nécessité de respecter ce « poumon vert » du centre-ville. Pourquoi la municipalité n’impose-t-elle pas le respect des préconisations de l’Office National des Forêts (ONF) dans son diagnostic de 2011 ? Henri Samoyeau parle de « massacre à la tronçonneuse ».
Dans le débat qui a suivi, la Déléguée aux espaces verts (Me Françoise Guilbault) ne semble avoir pris aucune conscience du problème : « Je fais confiance aux formateurs »…
Finalement, le Maire admet qu’il est nécessaire de demander à l’ONF de faire un nouveau diagnostic sur chacun des espaces boisés de la commune, « même si cela coûte un peu d’argent. ».La qualité de l’eau des maraichers :
Anthony Descloziers informe du courrier qu’il a envoyé à l’Agence Régional de Santé Pays de la Loire (ARS) : Une analyse de cette eau brute (pompée de la Loire sans traitement) révèle la présence de plusieurs pesticides, entre autres. Or cette eauest utilisée dans les tenues maraîchères (y compris bio) et dans de nombreux jardins particuliers où sont cultivés des légumes destinés à la consommation. Y a-t-il des conséquences possibles sur la santé des utilisateurs et clients ?
Le Maire, dubitatif, attend la réponse de l’ARS.
D’autres points abordés :Le décès de Me Marie Hélène Frangeul : a donné lieu à une minute de silence du conseil municipal. Cela entraîne l’arrivée dune nouvelle conseillère municipale , Me Geneviève BELLIERES et quelques modifications des commissions municipales.
Me Sophie KOELSCH (au nom de Me Geneviève Hallopé, absente pour raison de santé) informe de l’intention et du besoin de créer un nouveau groupe scolaire à l’Est de la commune pour la rentrée scolaire 2024, suite à l’étude prospective réalisée par L’AURAN (Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Nantaise) : dès 2024, les groupes scolaires auront beaucoup de mal à absorber les besoins, qui peuvent être chiffrés à 8 classes en 2028. S’agissant d’une simple information, il n’y a pas eu de vote du Conseil municipal (contrairement à ce que Ouest-France a indiqué dans son édition du 26 juin).
Projet de résidence intergénérationnelle : Me Marie-Chantal Pichon propose de confier au CIF (Crédit Immobilier Familial, société HLM) la construction de cette résidence situé en centre-ville (du 5 au 9 rue de la Loire) comprenant des aménagement et des espaces communs adaptés au public visé. Elle comprendra également un local accueillant une Maison d’Assistantes Maternelles en rez de chaussée (12 places).
Il y a 0 message(s) de forum -
EPR de Flamanville : jusqu’à la lie...
22 juin 2019, par Patrick Cotrel - #Au fil des jours - #Développement DurableUn nouvel avatar dans la construction de l’EPR de Flamanville, ces défauts de soudure déja annoncés depuis quelques semaines (après avoir été négligés par EDF) viennent de faire l’objet d’une obligation de réparation immédiate par l’Autorité de la Sécurité Nucléaire (ASN).
Ce nouveau revers s’additionne aux très nombreux précédents. Au total, le retard de livraison (initialement prévue en 2012 !...) va dépasser 11 ans, avec plus qu’un triplement du prix : plus de 11 milliards€, pour un coût initialement prévu de 3,5 milliards.
Un échec industriel et financier :
Ces centrales à eau pressurisée, de troisième génération, qui devaient être un fleuron de l’industrie nucléaire française, se révèle être un immense échec industriel et financier.
EDF (après AREVA) n’a pas réussi à démarrer une seule centrale EPR, et il a fallu indemniser la Finlande (3,5 milliards €, aux frais des contribuables français).
Seule la Chine a réussi à démarrer un centrale EPR en décembre dernier, mais après 30 ans d’efforts !
Renoncer à cette technologie du passé :
Cette question douloureuse pour le puissant lobbie nucléaire français doit être posée, car :le prix de production de l’électricité sortant de l’EPR est nettement supérieur aujourd’hui à celui produit par les énergies renouvelables (ENR) ; surtout si on prend en compte les coûts du démantèlement à venir et du stockage des déchets hautement dangereux pour des centaines et des milliers d’années ; sans être plus souple que les ENR, puisque le régime de fonctionnement des centrales EPR est très lent à faire varier ;
même si EDF parvient à démarrer l’EPR de Flamanville, les déboires techniques ne sont pas terminés : les défauts de fabrication par Creusot Loire de l’acier de la cuve et du couvercle (élément central de la centrale) ont fait l’objet d’une décision de l’ASN de changer au moins le couvercle en 2024 (pièce où se concentrent particulièrement les défauts de forgeage) ;
le temps de mise en œuvre des centrales EPR se révèle trop grand pour pouvoir faire face au remplacement des centrales à énergie fossile que la lutte pour la sauvegarde du climat impose ;
la poursuite de la construction de l’EPR et la remise en état des vieilles centrales nucléaires françaises (le "grand carénage") nécessite des investissements de plus de 100 milliards €, qui bloquent les investissement dans les énergies renouvelables, qui sont pourtant beaucoup plus rapides à installer et moins chères à mettre eu œuvre ;
il est aussi urgent qu’EDF se désengage de la construction de deux EPR au Sud de l’Angleterre en 2025, à Hinckley Point, puisque, avant même le démarrage du chantier, le projet accuse déja plusieurs années de retard et un déficit de 1,5 milliard € !
Contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’écologie, F. de Rugy (voir Ouest-France du 22 juin), il serait réaliste et raisonnable d’abandonner une affaire qui se transforme engouffre financier et en cauchemar. -
Chômage et indemnisation : actualités
22 juin 2019, par Patrick Cotrel - #Au fil des jours - #Format. Profession. - #EmploiLe chômage en mars 2019 :
Le nombre de chômeurs de cat. A, B et C a peu évolué depuis de l’année : 5,606 millions en déc 2018, 5,590 en février et 5,610 en mars. En un an, ce nombre a baissé de 0,2 %. Par tranche d’âge, les 25-49 ans baissent de 1 % en un an, mais les 50 ans etplus augmentent de 2 %.
A l’intérieur de cet ensemble, la catégorie A est en baisse (3,38 millions, contre 3,42 en décembre) de 1,1 % sur un an. Mais les catégories B et C sont en hausse (2,23 millions contre 2,19 en décembre 2018) de 1,2 % en un an.
On retombe sur le constat maintenant classique : il y a des embauches, mais sous forme de contrats précaires : les demandeurs de catégories B et C sont ceux qui ont accepté de prendre un ‘petit boulot’, tout en recherchant un emploi stable.
Le nombre de chômeurs de longue durée (un an et plus) est stable à 47,4 % de l’ensemble des chômeurs (cat. A, B et C).
Les chiffres trimestriels de l’INSEE :
De son côté, l’INSEE annonce une baisse du chômage de 0,1 % (8,7 % de la population active) au premier trimestre 2019, et de 0,5 % sur un an, en estimant ce nombre de chômeurs à 2,4 millions . L’estimation du nombre de chômeurs de longue durée est même en baisse de 0,3 % sur un an, ainsi que le ’halo autour du chômage’ (à 1,4 million, soit une baisse de 89 000 sur un an) et le sous emploi (à 5,3 % de la populations active, en baisse de 0,4 % sur un trimestre et de 0,8 % sur un an).
Note : le ’halo autour du chômage’ est constitué de personnes sans emploi, mais qui ne sont pas immédiatement disponible, et le sous emploi désigne les temps partiels subis.
Alors que pour la fin décembre 2018 nous avions trouvé une coïncidence entre le nombre de chômeurs de cat.A, B et C, d’une part, et la somme des trois chiffres de l’INSEE Chômeurs+halo autour du chômage+sous emploi (total de 5,7 millions), cette fois-ci les chiffres sont divergeants :
Pôle emploi = 5,610 millions / INSEE = chômeurs+halo+sous emploi = 5,212 millions
A l’évidence, ce n’est pas la même chose qui est mesurée...
Pour voir mon précédent article sur le chômage qui traite de la comparaison des chiffres Pôle Emploi / INSEE ("Chômage, emploi : le point sur la situation en février 2019"),
cliquer ici.
La réforme de l’assurance chômage : pour quoi faire ?
Précisons que moins de la moitié des chômeurs sont effectivement indemnisés (par l’assurance chômage, ou par l’État pour la fonction publique ou pour l’ASS et l’AFD). En prenant à sa charge les cotisations des salariés et des non salariés, l’État est maintenant maître du jeu de l’indemnisation des chômeurs, face au patronat : le paritarisme est contourné et les syndicats de salariés marginalisés.
Pour la réforme en préparation, le gouvernement a annoncé la couleur : il faut que l’assurance chômage fasse 3,5 milliards d ‘économie en 2 ans. Dont acte : la priorité n’est donc pas la diminution du nombre de chômeurs ; et les mesures décidées par le gouvernement sont très loin de concerner TOUS les chômeurs ; car la majorité des chômeurs inscrits ne touche pas d’allocation chômage, souvent parce qu’ils ont épuisé leurs droits. Il faut prendre en compte que la moitié des chômeurs (2,8 millions) sont des chômeurs de longue durée (plus d’un an de chômage) ou de très longue durée (1,5 millions ont plus de 2 ans de chômage), La plupart d’entre eux se retrouvent à demander le RSA.
Ce chômage de longue durée vient de loin : ils n’étaient que 1 million fin 2008, avant la crise, sur un total de 3,2 millions de chômeurs. Leur nombre a presque triplé ! Et ce chômage de longue durée désocialise, bouleverse les rythmes de vie, de santé, de nourriture et de logement… Réacquérir des habitudes de vie compatible avec une activité professionnelle est un effort très important qui demande un accompagnement bien plus lourd qu’une remise à niveau professionnelle.
Les stages de formation professionnelle qualifiante qui vont être proposés en plus grand nombre ne sont pas adapté à ce public marginalisé qu’il s’agit de réinsérer socialement autant que professionnellement : on ne sort pas d’une telle longue période de fort chômage d’un seul claquement de doigt, De ce point de vue, il est bien dommage que ce gouvernement ait supprimé les mesures et emplois d’insertion...
Et pour les autres chômeurs ? Les conditions pour obtenir ou prolonger une indemnisation vont être aggravées. Exemples :Pour pouvoir prétendre à une indemnisation chômage, il fallait avoir travaillé 4 mois (sur les 28 derniers mois) ; maintenant il faudra avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers mois. Cela veut dire que pour beaucoup de jeunes, à qui des emplois précaires sont surtout proposés, l’absence de ressources, la pauvreté, vont encore durer plus longtemps. Selon la CFDT, 240.000 privés d’emplois, principalement des jeunes et des précaires, n’entreront pas immédiatement en indemnisation. A moins qu’ils ne soient rattrapés par le chômage de longue durée…
Pour encourager les chômeurs à accepter un contrat court, plutôt que de rester au chômage, la durée des droits à une indemnisation était prolongée (rechargés) à partir d’un mois de travail. Mais le nouveau règlement précise qu’il faudra 6 mois de travail pour que les droits soient rechargés. Conséquence, le chômeur devra réfléchir à deux fois avant d’accepter un contrat de moins de 6 mois, plutôt que de continuer à rechercher un emploi plus stable ; or 35 % des offres d’emploi sont de moins de 6 mois !
De la même façon, les chômeurs devront réfléchir avant d’accepter des contrats courts à répétition, puisque l’indemnité de chômage ne sera plus calculée sur la rémunération moyenne journalière, mais sur la rémunération mensuelle moyenne.
Au total, ne risque-t-on pas de renvoyer encore plus de chômeurs vers l’exclusion par le chômage de longue durée et la pauvreté ?
Les mesures ‘compensatoires’ :une augmentation de l’offre de formation professionnelle qualifiante et la création de 1000 emplois supplémentaires à Pôle Emploi pour assurer le recrutement. On ne peut qu’approuver cette mesure. Mais on a vu plus haut que cela ne répond aux besoins que d’une petite partie des chômeurs, et certainement pas des chômeurs de longue durée (la moitié des chômeurs !)
Une pénalisation pour certaines entreprise qui utilisent trop de contrat précaires. Mais cela ne va concerner qu’un tiers des contrats courts. De plus, cette mesure est surtout symbolique et hypocrite, puisque la ‘réforme’ du code du travail a eu comme effet principal de simplifier le recours aux contrats courts et précaires par les entreprises !
Oui, cette réforme de l’indemnisation des chômeurs a bien pour objectif de réduire les coûts de l’UNEDIC ; mais c’est bien sur le dos des chômeurs, toujours aussi nombreux, que cela va se faire ! -
Sinte-Luce :
Le bois du Chassay en danger
11 juin 2019, par Patrick CotrelDes riverains du bois du Chassay se sont récemment alarmés en découvrant le fauchage sauvage de plusieurs buissons de houx et de fragon dans le bois, ainsi que plusieurs amas de branchages coupés (idéal pour un départ de feu, en cas de forte chaleur...).
CLEMENTINE est intervenue auprès de la mairie, puisque ce fauchage semble avoir été fait par l’organisme de formation (Fodé-Ouest) que la mairie a autorisé à venir pratiquer des élagages avec ses stagiaires (apprentis élagueurs).
Pour comprendre l’enjeu de ce fauchage, il est nécessaire de revenir un peu en arrière,
L’intervention de l’Office National des Forêts (ONF) :
La municipalité de M, Brasselet avait fait intervenir l’ONF pour faire un premier sur le bois du Chassay.
La municipalité de Bernard Aunette a repris cette démarche et signé une convention avec cet organisme public pour approfondir un diagnostic pour chaque espace boisé de la commune, afin de mieux les entretenir et les protéger.
Ainsi, en 2010, l’ONF a fait un diagnostic approfondi et des recommandations d’entretien pour préserver le bois du Chassay. Par ailleurs, la municipalité a signé un bail emphytéotique de 35 ans avec la société HLM (Loire Atantique Habitation), propriétaire du bois, pour pallier le non entretien du bois par les HLM.
Le diagnostic de l’ONF :
Dans ce rapport de l’ONF, on apprend que ce bois dégage une véritable ambiance de forêt, ce qui le rend plus précieux à préserver.
Le danger principal qui menace ce bois, c’est le piétinement excessif du public qui le fréquente d’autant plus qu’il se situe quasiment en centre-ville : « Le piétinement excessif réduit considérablement la longévité des peuplements » (page 7). Celui-ci est d’autant plus important qu’il existe une multitude de ‘faux chemins’.
Le rapport précise (page 30) : « Un bois ou une forêt n’est pas seulement un espace récréatif, c’est aussi un écosystème. La prise en compte de la dynamique naturelle est essentyielle dans la gestion forestière car elle contribue largement à maintenir les équilibres indispensables à la pérennisation et au renouvellement du patrimoine arboré. Ainsi le principal conseil que l’on pourrait communiquer au gestionnaire serait d’abandonner les interventions de fauches systématiques et régulières des sous-bois (en gras dans le texte), ceci pour au moins deux raisons : permettre à la flore forestière de se développer et de se régénérer sans entrave et éviter la dispersion du public hors des chemins (un sous-bois dense est en effet plus difficilement pénétrable). »
On pourrait ajouter une troisième raison : le fragon, très présent dans les buissons avec le houx, est une espèce protégée en Pays de la Loire !
Dans la suite du rapport, l’ONF développe des conseils et propositions précises (avec plans) pour tracer des vrais chemins, inciter le public à les emprunter par un entretien régulier et l’installation de bordures de bois, informer le public aux différentes entrées bien délimitées du caractère patrimonial naturel de ce milieu, procéder à des replantations d’arbres,…etc…
La municipalité d’alors a mis en œuvre ces préconisations, a informé les riverains du bois (habitants des HLM et du lotissement du Chassay) et créé un commission consultative avec des représentants de ces riverains pour suivre les travaux. Elle a même négocié avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) en 2013 une convention pour déclarer ce bois « territoire refuge pour les oiseaux », avec le financement correspondant, de façon à sensibiliser les jeunes des écoles et du Patio (installation de nids, …).
Un abandon complet :
Disons-le clairement, la municipalité actuelle a systématiquement abandonné tous les aspects de ce travail de protection, d’entretien et de sensibilisation, en mettant en avant des questions de coût, mais sans doute aussi par inconscience de la richesse de ce patrimoine naturel en centre-ville.
Et, pour se dédouaner, simplement laisser (gratuitement) une entreprise privée de formation (d’élagueurs) utiliser le bois comme terrain de formation pratique, c’est se défausser de ses responsabilités !
Bref, le bois du Chassay est en danger et il est urgent que la municipalité commence réellement à protéger la nature en ville qui fait la qualité de la vie à Sainte-Luce. -
Rassemblement des coquelicots samedi 8 juin
autour du marché de Sainte-Luce (9h30 - 12h30)
3 juin 2019, par Patrick Cotrel
page précédente | 1 | ... | 84 | 85 | 86 | 87 | 88 | 89 | 90 | 91 | 92 | ... | 335 | page suivante